Un Si Grand Soleil : “Ludo va connaître une autre histoire d’amour surprenante” selon le…

Un si grand soleil : "ludo va connaître une autre histoire d'amour surprenante" selon le...

Co-créateur de la série quotidienne de France 2 dont il supervise l’écriture depuis 3 saisons avec le producteur Toma de Matteis, Olivier Szulzynger fait le bilan avec nous de l’année écoulée, et nous dévoile une partie des intrigues à venir en 2022.

Après avoir travaillé sur Plus Belle la vie, vous avez co-créé Un Si Grand Soleil dont vous co-dirigez également l’écriture depuis bientôt quatre ans. Comment est né ce projet ?

Olivier Szulzynger : En effet, j’ai dirigé l’écriture de Plus Belle la vie pendant une dizaine d’années mais je n’étais pas là à son lancement, et j’ai toujours eu envie de concevoir une autre quotidienne. Avec Toma de Matteis (producteur d’Un Si Grand Soleil, ndlr) qui a été pendant un temps le producteur artistique de Plus Belle la vie, on en a eu l’opportunité lorsque France Télévisions a voulu lancer sa série quotidienne. On  a commencé à travailler ensemble à ce projet début 2016 en associant d’autres auteur.ice.s à cette réflexion. Il y a ensuite eu deux ans de conception jusqu’au début du tournage au printemps 2018, et au lancement de la diffusion fin août de la même année. Et ça fait trois ans, déjà ! 

Aujourd’hui, la série enregistre des audiences très solides chaque soir et a trouvé son public. Quel recul avez-vous sur ce parcours ? Aviez-vous des craintes au moment du lancement sur France 2 ?

Honnêtement, j’étais confiant car je sais que Toma est un très bon producteur et je faisais confiance à notre l’équipe d’auteurs. On eu le temps de travailler sereinement en étant appuyé par le plus gros groupe audiovisuel français. Il fallait qu’on trouve notre identité assez vite parce qu’il y avait d’autres programmes en face, mais il n’y a pas eu de question de concurrence car chacune est diffusée à un créneau différent. C’est beaucoup de travail, mais lorsqu’on a connu les débuts de Plus Belle la vie, on est blindés en matière de sérénité ! (rires)

L’an dernier, les procédés technologiques utilisés sur le tournage ont permi de renforcer certains décors, notamment celui de l’hôpital, mais aussi d’en introduire de nouveaux, comme le cabinet d’avocats. Ces deux arènes sont assez caractéristiques des soaps; était-ce quelque chose que vous vouliez initier dans la série ou bien ces nouveaux décors ont-ils au contraire nourri l’écriture ?

Ce sont deux choses un peu différentes, car on louait des bâtiments qui nous servait à la fois d’hôpital et de lycée. Une fois le bail fini, on s’est repliés sur un autre endroit pour le lycée mais ça ne convenait pas à l’hôpital. Comme on avait déjà plein de personnages qui évoluaient dedans, il était indispensable de le garder. On s’est alors dits qu’on allait le refaire en studio, grâce au fonds verts et aux effets spéciaux qui donnent une impression de profondeur. Et comme ces techniques demandent peu de travail de post-production car elles sont implantées dès le tournage, ça nous a permis de gagner en maturité.

Pour le cabinet d’avocats, c’était un peu différent parce qu’on s’est retrouvés avec plusieurs personnages d’avocats forts, donc on a eu envie de leur construire un décor. On en a eu l’opportunité lorsqu’on a décidé de tourner plutôt le zoo en décors naturels, et de récupérer cet immense décor pour le transformer en cabinet. Et puis, une de nos comédiennes, Aurore Delplace (qui joue l’avocate Johanna Lemeur, ndlr) est tombée enceinte, et on s’est retrouvé avec le décor à lancer sans elle. (rires) Mais elle est de retour en tournage en ce moment, tout va bien ! 

Ça permet aussi à des personnages forts comme Claire (Mélanie Maudran) par exemple, qui était parfois un peu isolée en en dehors de son cercle familial, de créer de nouvelles relations professionnelles, de nourrir de nouvelles intrigues sociétales… 

Notre réflexion part de deux choses : au début de la série, on construisait beaucoup de décors privés en studio, et on s’est rendus compte que ces ces maisons et ces appartements étaient plus beaux en décors naturels, donc on s’est mis à louer de vraies résidences, et on a implanté nos espaces de travail dans les studios. 

Et grâce aux fonds verts et au tracking qui permet d’incruster des décors en temps réel sur les fenêtres, on a pas ce sentiment d’étouffement dans ces nouveaux décors. L’hôpital y est aussi bien qu’en décors naturels, idem pour le commissariat, le bureau du juge, le cabinet d’avocats, L Cosmétiques…  Aujourd’hui, il reste seulement deux décors d’appartement en studio. On les a progressivement détruits pour les mettre en extérieur et retrouver plus de lumière naturelle, plus d’espace…

Et le fait de construire les espaces de travail en intérieur permet effectivement plus de croisements de personnages. D’autant plus que l’importance donné au travail et aux espaces professionnels est une des spécificités d’Un Si Grand soleil, ce sont des ressorts importants de notre narration.

Justement en ce qui concerne les croisements de personnages, l’intrigue qui a démarré lundi dernier rassemble trois d’entre eux, Lucille, David et Mo, qui n’ont à priori rien à voir ensemble, dans une aventure rocambolesque où suite à une nuit d’excès, ils ne se souviennent plus de ce qu’ils ont fait… 

Oui, on s’est bien amusés avec ça, j’espère que ça fera rire le public. Ils vont par la suite se retrouver avec un tas d’argent et essayer de comprendre où ils ont volé – et s’ils l’ont vraiment volé !

De nouveaux personnages ont rejoint le casting de la série l’an dernier : Alix (Nadia Fossier), avec l’intrigue autour de Ludo (Folco Marchi) qui devient escort, les nouveaux aides-soignants, David (Quentin Gratias) et Hélène (Sophie Le Tellier), un nouvel avocat, Serge Levars (Laurent Frattale), devenu le compagnon de Laetitia, Steve (Lyad Smaïn), le petit ami de Camille… Comment ces personnages ont-ils été amenés ?

 

Chacun est un peu différent. Levars existe depuis un moment, c’était un petit rôle qui est devenu récurrent, ce qui est quelque chose de très spécifique aux séries quotidiennes. Je prends l’exemple du personnage d’Eliott, joué par Stéphane Monpetit : il était là pour quatre semaines au début de la série, et puis une histoire d’amour s’est construite entre nous. Le comédien a apporté quelque chose de génial et il est devenu très important après trois saisons. 

 

C’est aussi le cas pour le personnage de Myriam (Pauline Paolini) : progressivement, on a des idées, des envies, et le rôle grossit jusqu’à devenir très important. Et après, il y a des créations : on se dit qu’il faut une histoire d’amour à Camille, donc on crée le personnage de Steve. Les séries quotidiennes sont des machines à raconter des histoires, et les personnages récurrents ont besoin de vivre des choses avec d’autres personnages, donc on en crée de nouveaux au fur et à mesure, et il y en a aussi qui nous quittent. C’est un renouvellement constant.
Certains guests ont aussi été très populaires au moment de leurs intrigues; notamment Hélène Degy, qui jouait le rôle de Gaëlle Lestrac et qui a repris le tournage en janvier. 

 

Oui, c’est un peu moi qui ai provoqué ce retour; c’est une excellente comédienne et c’est un grand plaisir de la retrouver. Il y a aussi des comédien.ne.s qui nous manifestent leur envie de tourner avec nous, donc quand se présente une belle opportunité, notamment pour le personnage d’Alix avec Nadia Fossier, on leur propose. Ce sont des envies réciproques.

Vous évoquiez aussi les départs de certains comédiens; celui de Jérémy Banster l’an dernier, qui jouait l’un des personnages phares de la série depuis son lancement, a été une première pour vous. Comment avez-vous anticipé son souhait de partir au niveau de l’écriture pour faire du départ de Julien Bastide un grand événement ?

Je pense qu’il y a un moment où nos personnages se mettent à avoir un peu tout vécu. Qu’il s’agisse du personnage de Julien Bastide mais aussi d’Eliott, on se rend compte à l’écriture – mais ça peut être aussi le cas des comédiens – qu’il a un risque de répétitions, de tourner un peu en rond. Je pense qu’il vaut mieux, à ce moment-là, se dire qu’on va partir sur six mois de tournage pour préparer un final en fanfare, en accord avec les comédiens, et on essaie que ce soit la conclusion la plus satisfaisante possible.

 

J’ai peur de de la répétition; dans les vieux soaps américains, il y avait ce côté baroque, les personnages se sont mariés quinze fois, ils ont eu cinquante enfants… Je ne critique pas du tout, mais je pense que le public aujourd’hui a envie de choses beaucoup plus réalistes. Quand les personnages ont vécu plein de choses, ils sont un peu usés. Ils peuvent toujours revenir, rien n’est définitif, mais une pause permet de donner à nouveau envie, sans compter que les comédiens ou les comédiennes peuvent vouloir vivre de nouvelles expériences.

On ne peut plus refaire comme Dallas dans les années 1970, avec le personnage qu’on croyait mort qui se lève et va prendre sa douche le plus naturellement du monde. (rires) Les séries quotidiennes ont profondément changé, les moyens sont beaucoup plus importants aujourd’hui, donc il y a vraiment la possibilité de sortir de ce côté un peu théâtral pour donner une apparence très cinématographique à nos propositions. A partir de là, on va être plus exigeants sur la vraisemblance et la psychologie des personnages qu’elles ne l’étaient il y a quinze ans.

Personnellement j’ai pris un peu de distance sur l’écriture, même si je suis toujours là. Je participe à l’écriture des arches, et je fais ensuite de la direction éditoriale avec le producteur. Mais le vrai gros du travail chaque semaine incombe aux scénaristes et aux dialoguistes. C’est un travail très collectif, avec beaucoup d’implication de leur part.

Il y a des super auteurs, dont Sébastien, qui sont très investis, et ce sont vraiment leurs univers. J’ai adoré toute l’histoire entre Alix et Ludo, ainsi que l’intrigue en cours avec Arthur qui tombe amoureux, ou encore l’histoire entre Manu, Virgile et Eve qui vient de se terminer avec le départ d’Eliott, et que Sébastien avait également écrite. Je suis très bon public en général ! (rires)

A quoi peut-on s’attendre pour les thèmes des prochaines intrigues de 2022 ? On a pu voir qu’une nouvelle histoire centrée sur Claire et Janet (Tonya Kinzinger) abordant la crise du secteur hospitalieravait débuté cette semaine.

Cette année 2022 nous réserve encore beaucoup de surprises, notamment parce que il n’y a encore qu’une première moitié qui est écrite ! (rires) On va continuer à rester sur ce mélange d’histoires policières, de comédie sentimentale et de transgression du quotidien, mais j‘ai une idée assez surprenante pour cet été notamment.

Parmi les intrigues à venir, on va voir comment Elisabeth va réagir à la mésalliance de son petit-fils Arthur. Ce n’est pas évident pour elle d’accepter qu’il soit tombé amoureux d’une aide-soignante. Elle se demande si cette jeune fille est sincère, et si elle ne serait pas un peu intéressée par l’argent des Bastide car, quand on a de l’argent, on a l’impression que tout le monde veut vous le prendre… Ce genre de situations me fait beaucoup rire, d’autant plus que j’adore Chrystelle Labaude, la comédienne qui l’interprète.

Il va y avoir effectivement une histoire à l’hôpital qui va nous occuper plusieurs mois, où Claire va être aux prises avec des difficultés budgétaires, mais va surtout être en conflit avec plusieurs de ses collègues, à l’instar de ce qu’on avait pu voir dans l’intrigue sur le harcèlement au travail chez L Cosmétiques (qui avait créé une division au sein des employés, ndlr.) 

Claire et Janet vont s’affronter, il va y avoir des problèmes avec d’autres membres du personnel. Ça va être un gros axe qui va nous occuper toute l’année avec un certain nombre de chapitres, avec des surprises, des renversements…

Ludo, quant à lui, va connaître une autre histoire d’amour surprenante et transgressive. Ce garçon, qui est pourtant très sage et sûr de ses valeurs, n’arrête pas de se confronter à des femmes qui ont des valeurs différentes des siennes. Il y a aussi Christophe (Hubert Benhamdine), un type passablement tordu,  qui est toujours en couple avec la juge Alphand (Marie-Gaëlle Cals), donc ce fil-là va suivre son cours, et enfin une rencontre assez surprenante entre Virgile et Alix.
Quant aux adolescents, une grosse histoire va conclure l’intrigue en cours autour d’Anissa (Siham Falhoune), qui avait une histoire d’amour avec un garçon lié au chantage que subit sa mère. On va voir Anissa grandir. On va aussi développer de nouveaux personnages d’adolescents parce qu’on a envie de faire vivre notre lycée : on a plein de professeurs, de beaux décors, des comédiens formidables… Tout en continuant à suivre Camille et Kira (Coline Ramos-Pinto), bien sûr. Quant à Arthur, on va le retrouver à partir de cet été, à l’issue de son intrigue en cours qui est diffusée en janvier et février car le comédien Auguste Yvon va être indisponible pendant quelques temps.

La série va entamer sa quatrième saison à la rentrée. A l’instar des autres quotidiennes, aimeriez-vous pouvoir proposer un prime au public prochainement ?

Pourquoi pas, tout est possible à condition qu’il n’y ait plus de COVID ! Actuellement, on travaille en flux tendu avec quatre équipes qui tournent en permanence. On est à la limite. On tient le coup grâce à nos incroyables équipes, mais quand un comédien a le COVID, ce qui peut arriver malheureusement même si la plupart sont vaccinés, on a une interruption de tournage pendant dix jours, on doit réorganiser tout le plan de travail… C’est compliqué.

Imaginer un prime en plus, alors que les contraintes sanitaires allongent déjà notre temps de tournage et complexifient l’organisation…  Après, je pense que ce serait bien évidemment un plus, et ça nous ferait tous plaisir. Avec un peu de chance les choses iront mieux au printemps, et à ce moment-là on pourra y réfléchir plus sereinement. Mais actuellement la priorité est de maintenir le tournage de la quotidienne. Le prime serait une cerise, mais le gâteau nous accapare déjà beaucoup ! (rires)

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