Inglourious Basterds sur Netflix : le film de Quentin Tarantino a mis plus de dix ans à voir le jour – Actus Ciné

Disponible sur Netflix depuis ce 23 octobre, “Inglourious Basterds” est le sixième long métrage réalisé par Quentin Tarantino. Mais il aurait pu voir le jour beaucoup plus tôt, car il a fallu plus de dix ans à son auteur pour concrétiser le projet.

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Depuis la nouvelle homonyme d’Alphonse Daudet parue en 1869, on appelle “Arlésienne” un personnage dont on parle dans un récit, mais qui n’y apparaît jamais physiquement, à l’image de la mystérieuse mère dans les huit premières saisons d’How I Met Your Mother. Dans le milieu du cinéma, le terme s’applique également pour tous ces projets qui ne cessent de faire parler d’eux mais tardent à se concrétiser (quand ils voient vraiment le jour, ce qui n’est pas le cas de tous). Si L’Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam en est l’un des meilleurs exemples, Inglourious Basterds de Quentin Tarantino n’est pas en reste dans ce registre. Disponible sur Netflix depuis ce 23 octobre, il lui a en effet fallu plus d’une décennie pour arriver sur grand écran.

Tout commence pendant la deuxième moitié des années 90. Auréolé d’une Palme d’Or et d’un Oscar du Meilleur Scénario Original grâce à Pulp Fiction, Quentin Tarantino s’apprête à entamer le tournage de son film suivant, Jackie Brown, adaptation d’un roman d’Elmore Leonard doublé d’un hommage à la blaxploitation. Mais il a déjà un autre long métrage en tête selon sa muse Uma Thurman, qui affirme qu’il planche sur un western spaghetti se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale, une histoire de “mecs en mission” selon le principal intéressé, qui confirme les propos de son actrice et cite des classiques tels que Les Douze Salopards ou Les Canons de Navarone parmi ses sources d’inspiration. Sans se douter, alors, qu’il lui faudra s’armer de patience. Et nous aussi.

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IL ÉTAIT PLUSIEURS FOIS…

Jackie Brown sorti, QT se replonge dans ce projet appelé Inglorious Bastards (comme le film d’Enzo G. Castellari, devenu Une poignée de salopards chez nous) mais se perd dans son propre récit, au point de devoir changer son fusil d’épaule : “J’ai donc écrit une autre histoire avec les mêmes personnages, sur les mêmes thèmes”, explique-t-il dans le numéro de septembre 2009 des Cahiers du Cinéma. Malgré ce virage, et pas moins, déjà, de trois versions écrites, le scénariste et réalisateur n’est pas encore au bout de ses peines puisqu’il ne parvient pas à mettre de point final à son récit, comme il le précise à USA Today en mai 2003, avant d’ajouter que ce qu’il nous prépare “compte parmi ce [qu’il a] écrit de mieux.” Faute de trouver une conclusion, il se tourne vers Kill Bill, déclaration d’amour en deux parties aux genres qu’il affectionne et dont les prises de vues, repoussées à cause de la grossesse d’Uma Thurman, s’étendent du 17 juin 2002 au 3 mars 2003, pour des sorties américaines respectivement prévues le 10 octobre 2003 et le 16 avril 2004.

De passage à Paris pour la promotion du premier volume, il remet Inglorious Bastards sur la table : “Pendant ces cinq dernières années, j’ai écrit deux scénarios sur des films ayant pour cadre la Seconde Guerre Mondiale, deux histoires séparées, n’ayant pas de lien de cause à effet, mais interprétées par les mêmes personnages”, explique-t-il alors. “Mon prochain projet, ce pourrait bien être un western spaghetti ‘made in Seconde Guerre Mondiale’, une sorte de Il était une fois une France occupée par les nazis.” Président du Jury du Festival de Cannes en 2004, il renoue avec son bébé à son retour de la Croisette, et songe à en faire une mini-série avant de se rétracter… et d’envisager un film en deux parties, comme Kill Bill, où il serait à la fois question d’un commando de Juifs américains cherchant à éliminer le plus de nazis possible, et d’une jeune femme juive en quête de vengeance après le meurtre de toute sa famille. En mars de l’année suivante, Michael Madsen affirme être sur le point de retrouver son réalisateur de Reservoir Dogs pour incarner un soldat traqué en territoire ennemi, mais la pré-production est encore repoussée, pour des questions d’emploi du temps.

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Et notamment celui de Quentin Tarantino, qui doit encore revoir sa copie pour la rendre prête à filmer, et se retrouve impliqué sur un autre dyptique : Grindhouse, hommage aux doubles programmes de films d’exploitation américains, où il met en scène ce qui deviendra Boulevard de la mort, tandis que son compère Robert Rodriguez dirige Planète terreur, et qu’Eli Roth, Edgar Wright ou encore Rob Zombie signent les fausses bandes-annonces diffusées entre les deux longs métrages aux États-Unis. Porté par la passion communicative des deux cinéastes, le résultat sort le 6 avril 2007 outre-Atlantique et se révèle être un échec cuisant avec 25 millions de dollars de recettes sur le sol américain pour un budget de 67. La présentation triomphale d’une version rallongée de l’opus de QT en Compétition lors du Festival de Cannes rend la pilule un peu moins amère, mais le réalisateur est déjà tourné vers son projet suivant : “[Inglorious Bastards] sera sans doute la prochaine chose que je ferai”, annonce-t-il à SlashFilm.

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Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Bruce Willis : une réunion qui aurait pu avoir lieu chez Quentin Tarantino

Enfin, s’exclament les fans du réalisateur, qui n’en restent pas moins méfiants, ayant déjà connu plusieurs reports. Mais cette fois-ci semble être la bonne. Ou en tout cas quelque chose se passe, puisque se pose la question du casting. Michael Madsen est toujours attaché au rôle de Babe Buchinsky, et Quentin Tarantino semble être en passe de réussir ce qu’Expendables et sa suite parviendront finalement à réaliser : réunir Sylvester Stallone, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger dans un même long métrage, qui deviendrait du même coup un hommage aux films d’action des années 80, en plus de ses ancrages dans le western spaghetti et la Seconde Guerre Mondiale. Déjà courtisé pour les personnages finalement joués par Robert de Niro et Kurt Russell dans Jackie Brown et Boulevard de la mort, le premier est en lice pour incarner le Lieutenant Aldo Raine, dont le nom renvoie à celui de l’acteur Aldo Ray. Vu dans Pulp Fiction, le second est approché pour incarner Donnie Donowitz, et le troisième le Sergent Hugo Stiglitz. Mais on imagine que le poste de Gouverneur de Californie occupé par la star de Terminator entre 2003 et 2011 a eu raison de ce rêve de cinéphiles. Mais pas du projet.

Alors que la dernière version du scénario touche à sa fin, QT donne quelques nouvelles du film et annonce un opus en deux parties qui sera aussi bien un remake d’Une poignée de salopards qu’une histoire originale, dans laquelle un groupe de criminels profite d’un attentat pendant son transfert pour s’évader et tenter de rallier la Suisse, quitte à combattre les Alliés et Nazis sur leur chemin. Le récit a donc de nouveau changé par rapport aux années précédentes, et il n’est visiblement pas question de Sylvester Stallone ou Michael Madsen au casting, pas plus que de Tim Roth et Eddie Murphy qui affirment avoir discuté avec le metteur en scène, car il ne s’agit alors que de cela : des discussions. Et que, contrairement à ses longs métrages précédents, les acteurs seront choisis en fonction des personnages, et non l’inverse. Le script définitif est remis au producteur Lawrence Bender le 4 juillet 2008, et le début des prises de vues est fixé au mois d’octobre, ce qui laisse quatorze semaines de pré-production. Pour un projet de cette ampleur, c’est court, surtout avec une telle distribution à trouver.

Mais Quentin Tarantino passe la seconde, et nous offre un coup de tonnerre à la mi-juillet : Brad Pitt est en passe de s’emparer du rôle d’Aldo Raine. Vu au casting de True Romance, écrit par ses soins, l’acteur rêvait de jouer pour le réalisateur, et il ne leur a fallu qu’une soirée (et cinq bouteilles de rosé) dans le Château Miraval, en France, où il vivait alors avec Angelina Jolie, pour parvenir à un accord. Pour lui faire face, dans la peau du redoutable Colonel Hans Landa, le cinéaste avait d’abord pensé à Tim Roth (qui aurait aussi été approché pour jouer Archie Hicox) et se tourne finalement vers Leonardo DiCaprio. Le nouvel acteur fétiche de Martin Scorsese est même son premier choix mais il finit par l’écarter au profit d’un acteur germanophone, dans un récit dont seuls 30% des dialogues seront en anglais, chose assez rare à Hollywood pour être soulignée. Et QT se retrouve alors face à un obstacle de taille : trouver l’interprète pour ce méchant diabolique qui, comme il le révèlera quelques années plus tard, est le personnage qu’il a préféré écrire tout au long de sa carrière.

CASTING MIRACULEUX

Ne parvenant pas à trouver la perle rare, il s’inquiète et s’interroge : et si ce rôle était tout simplement injouable ? Le réalisateur songe même à abandonner le projet s’il ne trouve pas son Hans Landa, et c’est alors que débarque un certain Christoph Waltz, acteur allemand né en Autriche, et que des téléspectateurs avaient pu apercevoir dans des épisodes de Derrick. Mais rien de particulièrement marquant sur le CV de celui qui avait abandonné ses rêves d’Hollywood depuis longtemps, ce qui l’a sans doute délesté du poids d’une éventuelle pression au moment de passer son audition face à Quentin Tarantino et Lawrence Bender, qui sont immédiatement conquis et convaincus qu’ils ont trouvé l’interprète parfait. Sans imaginer, alors, à quel point le comédien livrera une prestation mémorable. Ce problème solutionné, le casting se poursuit sans trop de difficultés.

Alors que Brad Pitt est officiellement engagé le 8 août 2008, le cinéaste se tourne vers la France, et il se murmure que Romain Duris et Vincent Cassel sont courtisés pour des rôles qui n’ont jamais été dévoilés. Aurait-il pu s’agir de Perrier LaPadite, paysan français de la séquence d’ouverture qui aurait été proposé à la moitié de Paris selon Jean Reno, qui avait avoué au magazine L’Optimum l’avoir refusé ? “Le rôle du Français qui donne une famille juive dans l’ouverture du dernier Tarantino”, expliquait-il. “Ça ne m’intéresse pas du tout la caricature américaine du Français pourri. C’était trop manichéen. J’ai dit non.” Vincent Lindon décline également la proposition, pour cause de conflit d’emploi du temps avec le tournage de Mademoiselle Chambon. Et, aussi, par manque d’envie : “J’aurais pu faire des pieds et des mains pour que Stéphane Brizé décale son film mais je préfère être le roi dans mon royaume qu’un Français dans un film américain considéré à sa valeur de Français, c’est-à-dire pour un rôle de paysan”, déclarait-il en mai 2017 sur Europe 1. Autant de refus qui profitent à Denis Ménochet, même si l’on remarquera qu’il n’a que neuf ans de plus que Léa Seydoux, qui apparaît brièvement dans le rôle de l’une de ses filles.

Toujours côté français, Isabelle Huppert se voit contrainte de refuser le rôle de Madame Mimieux, qui sera attribué à Maggie Cheung (à qui QT avait remis un Prix d’Interprétation Féminine à Cannes en 2004, pour sa prestation dans Clean) puis coupé au montage, et le cinéaste recherche activement l’interprète de l’un de ses personnages principaux : Shoshanna Dreyfus, dont le nom est un clin-d’œil à celui de Julie Dreyfus, la Sophie Fatale de Kill Bill qui incarne ici Francesca Mondino. Pour l’incarner, le cinéaste jette son dévolu sur Mélanie Laurent. Auréolée d’un César du Meilleur Espoir Féminin en 2007, pour Je vais bien, ne t’en fais pas, la comédienne rencontre le réalisateur par trois fois. Et lors de leur dernière entrevue, un dîner un en tête-à-tête, elle est parvenue à convaincre celui qui cherchait à faire découvrir une nouvelle tête qu’elle n’était pas si célèbre que cela dans l’Hexagone, et rejoint officielement le projet quatre jours plus tard, au début du mois de septembre 2008.

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Mélanie Laurent sur son affiche-personnage

Alors que le tournage approche à grands pas, le casting finit de se compléter : Quentin Tarantino réussit à convaincre Rod Taylor de sortir de sa retraite pour ce qui sera son dernier rôle, en lui précisant que s’il ne veut pas jouer Winston Churchill, Albert Finney le fera ; fan du cinéaste, Mike Myers se voit offrir le Général Ed Fenech qu’il avait demandé à incarner en jouant sur le fait que ses parents avaient fait partie des forces armées britanniques ; le personnage du Caporal Fredrick Zoller, héros de guerre, revient quant à lui à Daniel Brühl tandis que Til Schweiger opte pour Hugo Stiglitz alors qu’on lui proposait également Wilhelm Wicki, qui sera interprété par Gedeon Burkhard.

Restent, enfin, quelques ajustements à faire : Diane Kruger remplace Nastassja Kinski, initialement préssentie et que QT est allée rencontrée en Allemagne, dans la peau de la star et espionne Bridget Von Hammersmark. Pris par le tournage de Funny People, qui doit débuter au même moment, Adam Sandler doit refuser le rôle de Donnie Donowitz, qui revient à Eli Roth. Et Simon Pegg doit lui aussi passer la main au profit de Paul et Les Aventures de Tintin, ce qui fait les affaires de Michael Fassbender, acteur né en Allemagne et élevé en Irlande, aussi bien à l’aise lorsqu’il s’agit de parler allemand et anglais, et qui joue ici Archie Hicox, un Anglais qui se fait passer… pour un Allemand. Ironie, quand tu nous tiens. Deux habitués de l’univers du cinéaste, Harvey Keitel et Samuel L. Jackson viendront ensuite s’ajouter, pour des voix-off, à cette distribution qui peut enfin entamer les prises de vues, le 13 octobre 2008.

Après une décennie de travail pour aboutir à un scénario qui s’est retrouvé sur la Black List de 2008 (qui recense les meilleurs scénarios qui n’ont pas été produits à Hollywood), Quentin Tarantino annonce alors la couleur : il veut que son film fasse l’événement au Festival de Cannes 2009. Avec un nouveau titre puisqu’Inglorious Bastards est devenu Inglourious Basterds, pour une raison que le principal intéressé n’a jamais voulu dévoiler. Était-ce pour se démarquer d’Une poignée de salopards, dont le long métrage n’a finalement plus rien d’un remake ? Pour faire un pied de nez à tous ceux qui avaient lu la version du script qui avait fuité en ligne, et que QT a sans doute retouchée derrière ? A moins qu’il ne s’agisse, tout simplement, d’une erreur : à notre micro lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville en 2010, son co-scénariste de Reservoir Dogs et Pulp Fiction Roger Avary nous parlait de son écriture manuscrite quasi-illisible, et nous assurait, en riant, que cette modification ne pouvait que venir d’une double faute d’orthographe de sa part.

UNE ARLÉSIENNE À CANNES

Pendant quatre mois, Quentin Tarantino et son équipe tournent tranquillement en France et en Allemagne, et ses fans ne réalisent pas encore vraiment qu’une Arlésienne est sur le point de se concrétiser. Secondé par Tom Tykwer (Cloud Atlas, Cours Lola, Cours) lorsqu’il s’agit de traduire les dialogues en allemand, le metteur en scène peut également compter sur le talent de la costumière Anna Shepard, qui avait travaillé sur La Liste de Schindler et Le Pianiste, pour la précision de la reconstitution, tandis qu’Eli Roth accepte de mettre en boîte les images de “Nation’s Pride”, le film que l’on voit projeté dans le film, avec son frère Gabriel. Ce même Eli Roth qui s’est retrouvé, avec Omar Doom, au cœur d’un incident finalement mineur : sans l’intervention rapide des secours, les deux acteurs auraient en effet pu être ensevelis sous les décors et brûler vifs, car le feu de l’incendie final a pris des proportions auxquelles l’équipe ne s’attendait pas. Mais tout est bien qui finit bien, et les prises de vues s’achèvent le 9 février 2009. Soient trois mois avant le coup d’envoi du 62è Festival de Cannes, où QT veut toujours présenter son nouveau bébé.

Pour la monteuse Sally Menke, qui collaborera pour la dernière fois avec le réalisateur avant son décès tragique survenu en 2010, c’est une véritable course contre la montre qui débute. Un défi que le compositeur Ennio Morricone, initialement attaché au projet, choisit finalement de ne pas relever, à cause d’un conflit d’emploi du temps avec Baaria et du sentiment qu’il n’aura pas assez de temps pour travailler assez efficacement sur le long métrage, qui est officiellement sélectionné, en Compétition, au Festival de Cannes 2009. L’annonce a lieu le 23 avril, soit moins d’un mois avant sa présentation sur la Croisette, prévue le 20 mai. Après avoir mis des années à voir le jour, Inglourious Basterds doit presser le pas dans la dernière ligne droite, et le montage final dépasse encore les trois heures à deux jours de sa première projection mondiale. Mais le réalisateur et sa partenaire parviennent à couper quarante minutes, faisant au passage disparaître Cloris Leachman (qui devait avoir une scène avec Donnie Donowitz) et Maggie Cheung du long métrage.

Le premier teaser, immédiatement culte, du film :

C’est donc un film de 2h28 qui est présenté au public cannois, que les teasers et bandes-annonces ont rendu plus qu’impatients. Mais les avis, bien que positifs, ne sont pas dithyrambiques pour autant. Si tout le monde salue la mise en scène et la tension du premier chapître ou les fulgurances tarantinesques, certains pointent du doigt des problèmes de rythme, la manière dont le final réécrit l’Histoire ou encore cette toute dernière réplique de Brad Pitt, “Ça pourrait bien être mon chef-d’oeuvre”, qui ressemble à une auto-célébration de Quentin Tarantino, en écho à la manière dont il parlait de la qualité de son scénario quelques années auparavant. Il n’y a en revanche aucun débat sur la prestation délicieusement diabolique de Christoph Waltz, révélation majeure qui devient immédiatement le favori pour le Prix d’Interprétation Masculine. Qu’il remporte, sans surprise, lors de la cérémonie du palmarès avant de devenir, en 2010, le premier acteur de QT a décrocher un Oscar, celui du Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Comme Michael Caine l’avait très justement prédit peu de temps auparavant, en parlant de “la meilleure performance de méchant [qu’il a] vue depuis des années.”

Alors que la sortie est prévue en août 2009 dans les salles françaises, Quentin Tarantino et Sally Menke revoient quelque peu leur copie, et la rumeur veut que le producteur Harvey Weinstein, suite aux retours cannois, ait exigé que le réalisateur fasse quelques coupes sévères. Un bruit de couloir démenti par le principal intéressé, alors que le metteur en scène a avoué qu’il cherchait avant tout à réorganiser certaines séquences qu’il n’avait pas pu terminer complètement avant le festival, faute de temps, et non à trancher dans le vif. Si bien que la version visible en salles dure cinq minutes de plus que celle présentée sur la Croisette (2h33 contre 2h28). Et c’est ce film qui, du haut de ses 321,5 millions de dollars de recettes, dépasse Pulp Fiction pour devenir le plus gros succès mondial de son auteur.

Réévalué à la hausse avec le temps, Inglourious Basterds sera ensuite battu par Django Unchained et Once Upon a Time… in Hollywood, deux opus qui ont mis moins de temps à voir le jour et dans lesquels on retrouve également ce côté uchronique et cette volonté de réécrire le biais par l’Histoire de la fiction pour faire naître une réalité alternative qui, si elle avait interpellé en 2009, est devenue l’une des composantes de son cinéma. Avec Brad Pitt, Leonardo DiCaprio ou les deux.

Si Ennio Morricone n’a pas composé la bande-originale, certains de ses titres y figurent :

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