HPI sur TF1 : le rapprochement amoureux entre Morgane et Karadec, la saison 2... la créatrice nous dit tout - News Séries

HPI sur TF1 : le rapprochement amoureux entre Morgane et Karadec, la saison 2… la créatrice nous dit tout – News Séries

Alors que la première saison de “HPI” s’achève ce soir sur TF1, la créatrice Alice Chegaray-Breugnot revient pour nous sur le processus d’écriture de la série et sur le rapprochement entre les deux héros. Et évoque quelques pistes pour la saison 2.

Thibault Grabherr­/Septembre Production/Itinéraire Productions/TF1

La saison 1 de la série phénomène HPI, qui a battu tous les records en égalant au cours de ses trois premières semaines de diffusion des scores d’audience jamais atteints depuis 2005 par une fiction française, s’achève ce soir sur TF1 avec les deux derniers épisodes, qui promettent leur lot d’humour et de rebondissements pour Morgane et Karadec, incarnés par Audrey Fleurot et Mehdi Nebbou. Jusqu’à un cliffhanger final qui devrait susciter une certaine frustration chez les fans de la série policière événement.

En attendant la saison 2, déjà confirmée par la chaîne mais qui n’arrivera à l’antenne qu’en 2022, la créatrice et directrice de collection de HPI, Alice Chegaray-Breugnot, qui a notamment travaillé sur la mini-série La Mante avec Carole Bouquet, est revenue pour nous sur la genèse de la série, sur la conception du personnage de Morgane Alvaro, et sur la construction des épisodes, entre humour et polar.

Sans oublier de nous parler de ses épisodes préférés et de nous donner un petit avant-goût de la suite de la série.

AlloCiné : Vous avez créé HPI avec Nicolas Jean et Stéphane Carrié. Comment est née l’idée de la série ? Qu’est-ce que vous aviez envie de raconter à travers ce personnage haut en couleurs qu’est Morgane Alvaro ?

Alice Chegaray-Breugnot : Stéphane et Nicolas avaient ce concept d’une consultante HPI. Et moi j’avais l’envie de ce personnage, j’avais développé ce personnage dans d’autres projets que j’avais eu. Et il m’était resté en tête. J’avais été très marquée par le film Erin Brockovich quand j’étais jeune fille, et je me souviens du sentiment d’exaltation que j’avais ressenti en sortant de la salle de cinéma. De voir des personnages comme ça, qui poussent les murs, qui ouvrent le champ des possibles.

Donc Morgane me trottait dans la tête depuis longtemps. Au départ, Nicolas et Stéphane étaient plutôt partis sur un personnage type Asperger. Et moi, mon père était HPI et je n’avais pas du tout cet éclairage-là sur les personnes HPI, même si les HPI peuvent aussi être Asperger. Mon père était très communicant, très bordélique, très dur à gérer aussi. Et j’avais envie de donner cette image-là, positive, pleine de fantaisie. Car quand on évoque les surdoués, on pense souvent au côté supérieur, “sur-doué”, ou alors aux problèmes scolaires. Et, sans nier les problèmes que la douance peut apporter, j‘avais envie de donner une image positive.

Avec ce cerveau qui est toujours en ébullition, ces trucs qui arrivent de partout. Le fait qu’elle soit femme de ménage, qu’elle n’ait pas fait d’études et qu’elle ait une culture très gruyère, une culture à trous où elle recrache ce qu’elle a chopé dans des documentaires ou ce qu’elle a appris grâce à ses expériences de vie, c’était important pour moi. Je ne voulais pas que ce soit un savoir encyclopédique. Et je voulais un personnage populaire, parce qu’il n’y en a pas beaucoup à la télévision.

Vous êtes-vous beaucoup documentée sur les personnes à haut potentiel intellectuel pour préparer l’écriture de la série ?

Bien sûr. Même si je me suis en partie inspirée de ce que je connaissais des HPI grâce à mon père, j’ai fait beaucoup de recherches. J’ai lu beaucoup de livres, j’ai rencontré des psys, j’ai pris contact avec des associations, et j’ai parlé avec des HPI. Ils sont évidemment tous différents, car ce sont avant tout des personnes, avant d’être HPI. Tout ça c’est la matière première quand on crée un personnage. C’est ce qui nourrit l’écriture par la suite.

Mes recherches, associées à mon envie qu’il y ait un côté Erin Brockovich, un côté populaire, et aussi à l’envie que ça se passe dans le Nord, ont petit à petit donné naissance à la série. Et ce travail préliminaire, où on emmagasine de l’info pour créer le personnage, est primordial. Ça macère longtemps. Et d’un coup le personnage devient de plus en plus clair, il se dessine. Il a une vie en soi.

PHILIPPE LE ROUX / ITINERAIRE PRODUCTIONS / SEPTEMBRE PRODUCTION / TF1

La série semble avoir été écrite pour Audrey Fleurot. Aviez-vous Audrey en tête au moment de l’écriture ?

Non, les deux premiers épisodes étaient déjà complètement écrits quand Audrey est arrivée sur la série. Elle a été vraiment attirée par le rôle. Pour nous c’était une difficulté de trouver la bonne comédienne car un rôle comme celui-là ça passe ou ça casse. Et nous avons eu la chance d’avoir Audrey qui s’est emparée du rôle et qui l’a fait avec beaucoup de plaisir. L‘écriture de la série n’était donc pas terminée quand elle est arrivée sur le projet mais les contours du personnage étaient là, et le pilote était totalement dialogué. C’est ça qui l’a accrochée.

A priori, elle a plutôt eu des rôles plus froids auparavant, dans Engrenages et Un Village français notamment. Mais dans Kaamelott et Dix pour cent, on voyait déjà qu’elle avait beaucoup d’humour, qu’il y avait ça chez elle. Donc je pense qu’elle ne demandait qu’à explorer encore plus cet aspect comédie qu’elle a vraiment dans sa palette de comédienne. Mais tant mieux si le rôle paraît sur mesure pour elle, c’est un joli compliment, ça prouve qu’on a réussi notre travail.

Audrey Fleurot a-t-elle insufflé des idées ou participé à l’écriture des dialogues ?

En fait, pour chaque épisode, je lui envoyais les textes lorsqu’ils étaient quasiment terminés, c’est-à-dire en version “pré-def”. Et elle me faisait des propositions de dialogues. C’était toujours intéressant d’avoir son regard car elle maîtrise très bien son personnage.

Justement, ce personnage, Morgane Alvaro, est génial, mais il prend aussi beaucoup de place. Est-ce que ça a été compliqué de trouver un équilibre entre votre héroïne et les enquêtes policières ?

Oui, ça a été très compliqué. C’est une des difficultés de l’écriture de HPI. On a ce personnage, et sa vie privée nous intéresse. Ce n’est pas Patrick Jane de Mentalist qui n’a pas de famille. Elle a une vie privée qui est très riche, et avec des personnages qu’on aime autour d’elle, qu’on a envie de voir interagir avec elle. Il y a d’un côté les enquêtes, et de l’autre la vie familiale de Morgane.

Et sur les premières versions des épisodes c’était très compliqué car je ne voulais pas lâcher sur le polar. Et simplifier les enquêtes. Parce que, pour valoriser le cerveau de l’héroïne, il faut des enquêtes avec un certain niveau de complexité. Si je baisse trop le niveau des enquêtes, on ne s’y retrouve plus. Car les flics ne font pas leur boulot et Morgane n’est pas bien mise en valeur. Je ne voulais pas aller sur ce terrain-là.

Et en même temps il fallait faire de la place. Normalement, en polar, on a une intrigue A, une intrigue B, et on a des intrigues personnelles qui sont à côté de l’enquête. Et là, sur HPI, petit à petit, j’ai essayé de faire en sorte que la vie privée envahisse le plus possible la sphère professionnelle. Dans l’épisode 6, par exemple, Théa, la fille de Morgane, vient faire un stage au commissariat, dans l’épisode 2 Morgane débarque avec son bébé. J’ai eu envie que son bordel à elle envahisse tout le temps les enquêtes et le commissariat. Et c’est par ce biais-là qu’on arrive à explorer les autres personnages et qu’on arrive à garder l’univers de Morgane même dans l’aspect polar de la série.

PHILIPPE LE ROUX / SEPTEMBRE PRODUCTION / ITINERAIRE PRODUCTIONS / TF1

Au fil des épisodes, l’attirance, voire les sentiments, qu’éprouvent les deux héros l’un pour l’autre deviennent de plus en plus évidents. Avez-vous hésité à freiner ce rapprochement ? Ou au contraire c’était important pour vous de ne pas attendre 5 saisons avant d’amorcer quelque chose ?

En fait, sur cette série, j’essaye de ne pas trop retenir les choses en me disant “Il y aura 4, 6, 10 saisons” car on n’en sait rien. On l’espère évidemment, mais rien n’est acquis en télévision. Et c’est aussi vrai sur les enquêtes. On fait des choses qu’on réserve généralement aux saisons suivantes, comme le stage de Théa, ou le côté un peu meta de la série, où on s’amuse des codes du polar.

On a souvent un épisode surnaturel dans les polars, mais rarement au début. Et nous, nous ne nous sommes rien interdits en saison 1. Et c’est vrai qu’avec ce duo qui était dans une opposition très forte au départ, j’avais peur qu’on se retrouve à un moment donné dans des automatismes, je ne voulais pas que ça ronronne. Même si le côté chat et chien fonctionne toujours très bien. Et le fait d’aller vers la romance nous permet d’explorer d’autres facettes des personnages. Et donc ça m’intéressait beaucoup de déstabiliser un peu mes héros. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas revenir à la situation initiale. On peut créer des chocs narratifs qui peuvent tout faire revenir à zéro.

Doit-on s’attendre à ce que vous multipliiez les obstacles en saison 2 pour que Morgane et Karadec ne se mettent pas trop vite ensemble ?

Nous sommes déjà en train d’écrire la saison 2 pour ne pas être en retard. Et effectivement il y aura des obstacles (rires). Mais je ne peux pas en dire beaucoup plus. Si ce n’est qu’on repart a priori à nouveau sur 8 épisodes. Et malgré l’emploi du temps un peu chargé de nos comédiens, ils sont tous partants pour rempiler.

Avez-vous un épisode préféré dans cette première saison ?

C’est très dur car je les aime tous pour des raisons différentes. J’aime beaucoup le pilote, car le personnage est vraiment au cœur de tout. Et puis j’adore cette intro, avec la musique de Gossip. Vincent Jamain, le réalisateur, a sublimé ce que j’avais en tête, donc je suis vraiment très fière du pilote.

Je suis d’ailleurs très contente qu’on ait acheté des musiques, on a fait cet effort-là. Je mets toujours des musiques dans mes textes, et généralement on ne m’écoute jamais (rires). Et là j’ai retrouvé quasiment toutes les musiques que j’avais proposées, donc je suis ravie. Mais ça vient aussi du fait que je sois directrice artistique sur HPI. Quand on est auteur, notre boulot s’arrête quand le réalisateur arrive, on perd la main. Alors que là je peux suivre le projet jusqu’au bout, c’est super.

Ensuite, pour revenir à votre question, j’aime beaucoup l’épisode 2 aussi, il y a des choses qui me font vraiment marrer, comme le clip des Experts. L’épisode 5 a un bon équilibre polar-personnel. Je l’aime beaucoup aussi. C’est trop dur de choisir (rires). Dans le 6 il y a le stage de Théa, dans le 7 il y a la séquence au resto que j’adore. En fait, j’aime bien que chaque épisode puisse avoir sa personnalité, son identité. C’est quelque chose qui est venu petit à petit dans l’écriture. J’essaye d’avoir un concept par épisode, un truc qui va guider l’écriture et va lui donner sa couleur.

Et sur la saison 2 c’est encore plus net. J’essaye vraiment de travailler chaque épisode comme un petit film. En me demandant ce que je vais mettre en avant, quelle sera la force de l’épisode. Comme je le disais, j’ai envie d’aller vers le fantastique. Vers un épisode Cold Case aussi. On souhaite vraiment pousser encore un peu plus loin le curseur de l’audace en saison 2.

PHILIPPE LE ROUX / ITINERAIRE PRODUCTIONS / SEPTEMBRE PRODUCTION / TF1

Justement, pouvez-vous nous expliquer un peu comment vous travaillez avec les autres scénaristes de la série ?

Les auteurs avec qui je travaille viennent en me faisant des propositions d’épisodes et j’aime bien qu’ils viennent avec leur univers, avec ce qu’ils ont envie de raconter. Et après on le rend HPI, on le met à la sauce des personnages. Sur HPI, le polar est un peu particulier. Car les mots de Morgane demandent une petite souplesse intellectuelle. Ils viennent un peu parasiter le chemin d’une enquête classique. Ça s’écrit un peu différemment des autres types de polars. Et j’ai travaillé avec de supers auteurs.

Par exemple Julien Anscutter, qui est un auteur avec qui j’ai beaucoup de plaisir à collaborer. Il a aidé à trouver le ton de la série, il a apporté beaucoup de comédie. Ce n’était pas évident de choper le personnage de Morgane immédiatement, et lui il y est parvenu très vite. Il faut faire attention à la caricature, elle n’est pas évidente à manœuvrer notre Morgane (rires). Au niveau des dialogues, il faut faire attention à ne pas la pousser trop loin dans la gouaille. C’est un exercice difficile. Et Stéphane Carrié, le co-créateur de la série, a beaucoup travaillé avec moi sur le côté polar par exemple. Et sur le fil rouge que l’on retrouve tout au long de la saison.

Ce fil rouge consacré à la disparition de l’ex de Morgane, qui est aussi le père de Théa, va-t-il se poursuivre en saison 2 et au-delà ? Car la résolution offerte en saison 1, bien qu’elle soit dramatique pour Morgane et sa fille, paraît presque trop “simple”…

On en reparlera, c’est certain. Voilà tout ce que je peux dire (rires).

La bande-annonce de HPI :

 

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